Superbe Un Décime de l’AN VII, atelier de Bordeaux, cuivre, 20g. Mintage : 284367. On reconnaît au revers la petite figure d’Artémis et son arc, différent du graveur général Augustin Dupré, ainsi que la lampe antique du directeur de l’atelier de Bordeaux, Laurent Bruno-Lhoste. Deux pures formes néo-classiques.
Augustin Dupré (1748-1833) s’inscrit en effet en plein dans ce courant artistique qui prospère en France à la fin du XVIIIème siècle. Natif de Saint-Etienne, il se fait ciseleur sur armes auprès de Jacques Olanier, au service de l’industrie stéphanoise. Il part cependant à Paris en apprentissage et y rencontre Benjamin Franklin, qui lui confie sa première commande de médailleur en collaboration avec le peintre Esprit-Antoine Gibelin : il s’agit d’une médaille commémorative de la Liberté américaine, financée par B. Franklin lui-même et frappée en 1783. Suite à ce succès, Dupré est nommé adjoint de Benjamin Duvivier, alors graveur général. Il bénéficie ensuite des évènements révolutionnaires et de ses accointances avec Jacques-Louis David pour prendre la première place. Il crée alors différents types de monnaie, passés depuis à la postérité : Hercule appuyé sur l’Egalité et la Liberté, le Génie devant les tables de la loi, ou encore Marianne au bonnet phrygien. D’autres, comme la déesse lactans des 5 décimes, sont tombés dans l’oubli. Aux sources esthétiques antiques revendiquées par Dupré, nous pouvons adjoindre des modèles moins avouables pour ce révolutionnaire chevronné, ainsi qu’en témoigne un portrait à la pierre noire de la reine Marie-Antoinette conservé au château de Versailles (https://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/augustin-dupre_profil-de-marie-antoinette-reine-de-france-1755-1793-representee-en-1791-verso-profil-inverse_mine-de-plomb_papier ).